Tout le monde l’a déjà entendu quelque part : « Sois la meilleure version de toi-même ! »
Dans les magazines, sur Insta, dans les livres de développement personnel… On nous promet qu’avec un peu de volonté et une bonne routine, tout ira mieux.
Mais qu’est-ce que ça veut dire, être la meilleure version de soi ?
Et surtout… est-ce qu’on en a vraiment envie ? Est-ce que c’est pour nous ou pour les autres ?
Ce que nous vend le développement personnel
Quand on regarde d’un peu plus près, le message est souvent le même :
Tu peux (tu dois) être…
- une personne toujours productive et accomplie
- une mère parfaite, dévouée et joyeuse
- en pleine forme physique et mentale tout le temps
- calme et dynamique à la fois
- dans le lâcher-prise et tout gérer en même temps
- toujours motivée, jamais fatiguée
Et si tu ne corresponds pas à tout ça ?
Eh bien… c’est sûrement que tu ne fais pas assez d’efforts ?
Quand le mieux-être devient une injonction
Le problème, c’est que derrière ces promesses de mieux-être se cache une logique de performance.
Ça peut faire naître de la culpabilité, de la honte, ou une impression d’échec :
“Si c’est censé marcher pour tout le monde, pourquoi pas moi ?”
Le développement personnel individualise le mal-être. Il nous fait croire que tout repose sur notre motivation. Et oublie un détail essentiel :
>> Nous vivons dans un monde structuré par des normes, des inégalités, des oppressions.
Le système économique actuel nous pousse à être toujours plus efficaces, tout en nous vendant les solutions pour “tenir le coup” : coaching, régimes, formations express…
Une boucle infernale.
Quand être “meilleure” dépend aussi du système
Selon qui on est, l’injonction à “être au top” varie.
- Une femme ou une personne minorisée va subir des attentes plus lourdes.
- Une mère est censée tout gérer. Tandis qu’un père, s’il fait 5% du boulot, sera un parent modèle.
- Une personne racisée devra redoubler de douceur, de performance, d’effacement, pour être “acceptée”.
Ces doubles standards créent de la pression, de l’usure, et creusent le sentiment de ne jamais être assez.
Et si on faisait un pas de côté ?
Il ne s’agit pas de rejeter tous les outils du développement personnel. Il y a parfois des choses précieuses. Mais on peut s’autoriser à :
- Observer où sont les injonctions à la performance.
Si ça pèse sur ta santé mentale ou physique, ce n’est pas toi le problème. - Accepter qu’on ne contrôle pas tout.
Certaines choses dépendent de nous, d’autres non. Le regard des autres, les normes sociales, les systèmes d’oppression… ce sont des réalités. À nous seul·es, on ne peut pas tout changer — mais ensemble, on peut déjà beaucoup. - Sortir de l’isolement.
Savoir que d’autres vivent les mêmes injustices peut soulager. Ce n’est pas “mon échec”, c’est un contexte qui pèse sur nous tout le monde.
En séance, on ne cherche pas la performance
Je le précise souvent : on ne vient pas en séance pour être “meilleur·e”, ni pour être “au top”.
On vient pour souffler. Pour faire le tri. Pour se relier à ce qui compte vraiment.
Pas besoin d’être au taquet. Juste d’être là, avec ce qu’il y a. C’est déjà beaucoup.
En résumé
>> Tu n’as pas à être la meilleure version de toi-même.
>> Tu as le droit d’être une version vivante, parfois paumée, fatiguée, en colère, triste, joyeuse, hésitante, en mouvement.
C’est déjà bien suffisant.
Anne BEAUPUY
Hypnothérapeute
Gestion du stress et des émotions